Ludovic Burel : Another Picture of Me as Dracula

288 p. Broché. 280 photographies noir et blanc.
Format : 148 x 210 mm. Design : Regular & Matthieu Mermillon.
Isbn : 978.2.917053.00.3. Prix public : 15 euros. Sortie : 2007.
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« Me ». Les deux lettres « m » et « e » qui composent le mot anglais « me » / « moi » introduites dans un moteur de recherche d’images vont générer en seulement 0,11 seconde un lot de 2 390 000 portraits d’internautes. Plus de deux millions d’images que des internautes auront prises d’eux-mêmes ou fait prendre par un tiers ; puis pris soin de signer « moi ». Images qu’ils auront inscrites dans des « pages d’accueil » ; « home pages » elles-mêmes
« hébergées » sur des serveurs Web disposés aux quatre coins du monde. Cette base de données de portraits photographiques déposés par les internautes sur des serveurs Web et nommés par leurs soins
« moi_quelque_chose » (« me with a real gun », « me relaxing in hotel bed in Marrakech », « me jumping », « me drunk », etc.) touche à la question de la représentation de soi aujourd’hui. A l’examen des images recueillies, on s’aperçoit que cette représentation se traduit le plus souvent par la valorisation de soi et comporte généralement un caractère performatif lié au divertissement spectacles, sports, voyages, etc.). C’est pourquoi le livre d’images Another picture of me as Dracula a pu constituer dans un second temps la photo-partition d’une performance qui, comme dans le phénomène des « personnalités multiples » très en vogue aujourd’hui en Amérique du Nord, s’apparente à « une suite habile de parades variées de type hystérique ». Clément Rosset, Loin de moi. Étude sur l’identité, Minuit, 1999, p. 76.

« Avec Another picture of me as Dracula, interprété par Isabelle Prim, Ludovic Burel choisit de se réapproprier des “images de soi” de sujets anonymes trouvées sur internet pour constituer un vocabulaire et un inventaire de postures qui serviront à l’écriture de partitions à venir. Ce langage readymade représente un répertoire de gestes à réinterpréter, pour une exécution déléguée, à partir de la modélisation de l’interprétation d’un rôle, d’une image de soi et des autres. » Pascale Cassagnau, Art press n° 331, février 2007, p. 58-59.

Ludovic Burel est artiste et enseignant, il vit et travaille à Grenoble. De 2000 à 2005, il a assuré la codirection artistique de la revue de culture politique Multitudes. Il a cofondé la revue Page Sucker en 2003 ; les éditions it: en 2006. Il a coorganisé au Magasin, Centre national d’art contemporain de Grenoble, une série d’événements liés à la pratique du son, de la vidéo et de la performance : bug’nmix en 2002 ; borderphonics en 2003 ; Ressources en 2005 et eXecute en 2006. En 2007, il a réalisé, en collaboration avec Noëlle Pujol, un film documentaire intitulé Rien n’a été fait (présenté en novembre de cette même année par les Cahiers du cinéma à Cinéma en numérique, au MK2 bibliothèque-Paris, ainsi qu’à Entrevue, Festival international du film
de Belfort).