Pourquoi les millennials n’épargnent pas pour leur retraite : solutions et enjeux

47 % des Canadiens âgés de 25 à 40 ans n’ont mis de côté aucun fonds pour leur retraite. Ce chiffre, signé Statistique Canada, ne laisse pas place au doute. L’accès à l’information n’a jamais été aussi simple, les messages d’alerte se multiplient, mais ce constat demeure : l’épargne-retraite ne séduit pas la génération millennial.

Les repères ont bougé. Pour beaucoup, l’emploi n’offre plus la sécurité d’antan, la progression salariale n’est plus une promesse. Les vieilles recettes pour inciter à épargner ne fonctionnent plus dans un contexte de précarité accrue et de dettes étudiantes qui plombent le démarrage dans la vie active.

Pourquoi tant de millennials canadiens boudent l’épargne retraite ?

Derrière l’absence d’intérêt pour l’épargne retraite, une évidence saute aux yeux : les millennials canadiens vivent une mutation profonde dans leur rapport à l’argent et à la prévoyance. D’après Statistique Canada, près d’un sur deux n’a rien mis de côté pour ses vieux jours. Ce n’est ni une coïncidence ni un simple oubli. D’autres priorités s’imposent.

Trois grands facteurs ressortent. Beaucoup privilégient d’abord d’autres objectifs financiers : solder des dettes, rêver d’un logement, consolider un fonds d’urgence. La retraite, perçue comme lointaine, se fait voler la vedette par l’urgence du présent. En parallèle, la littératie financière n’est pas au même niveau pour tous. Les outils pullulent, mais l’excès d’informations brouille le message sur la logique de l’épargne à long terme. Enfin, la confiance dans les schémas collectifs s’effrite ; ces régimes qui rassuraient autrefois n’inspirent plus la même adhésion.

Voici les principaux obstacles qui freinent l’épargne-retraite aujourd’hui :

  • La précarité du marché du travail réduit la capacité à mettre de côté
  • L’instabilité des marchés financiers nourrit la défiance
  • Le manque de programmes d’éducation financière adaptés pèse sur les choix

Dans ce contexte, la vraie question n’est plus de savoir pourquoi les millennials n’épargnent pas pour leur retraite, mais comment agir pour les accompagner différemment et stimuler leur passage à l’action. Car l’absence d’épargne traduit bien souvent des choix dictés par la nécessité, rarement une désinvolture.

Entre dettes étudiantes, coût de la vie et incertitudes, un équilibre difficile à trouver

La dette étudiante reste un fardeau lourd à porter pour cette génération. Au Canada, près d’un tiers des jeunes adultes s’acquittent toujours de leur prêt étudiant cinq ans après leur entrée sur le marché du travail. Chaque dollar épargné pour la retraite vient alors en concurrence directe avec un crédit aux taux parfois décourageants.

Les dépenses courantes, elles, n’offrent aucun répit. Logement, transport, alimentation : dans les grandes villes, le coût de la vie explose. Beaucoup cèdent à la pression de l’accession à la propriété, s’endettent via un prêt hypothécaire, et voient leur marge de manœuvre disparaître.

À cela s’ajoute une incertitude permanente : instabilité professionnelle, stress autour de la santé mentale, imprévus à gérer… Cette insécurité pousse à privilégier l’épargne de précaution à court terme, plutôt que des placements pour un avenir qui semble, à tort ou à raison, lointain et incertain.

Ces réalités se traduisent par plusieurs tendances :

  • Solder ses dettes passe avant tout pour une majorité
  • Mettre de côté pour la retraite semble inaccessible pour bien des jeunes
  • Le stress financier fragilise aussi bien le moral que le corps

Chacun compose avec ses contraintes, souvent sans aide adaptée ni prise en compte réelle de ces blocages dans les politiques publiques. L’arbitrage entre aujourd’hui et demain s’impose à chaque décision.

Faut-il vraiment s’inquiéter pour sa retraite quand on a moins de 35 ans ?

Certains spécialistes le répètent : à 25 ans, la pression n’est pas la même qu’à 55. Pourtant, commencer tôt, même avec de petits montants, garantit d’amortir les variations économiques et de bénéficier de la capitalisation sur le long terme. D’après Statistique Canada, moins d’un millennial sur deux a mis en place un véritable plan financier pour la retraite. Bien sûr, d’autres urgences prennent le dessus, mais repousser l’échéance fragilise l’équilibre futur.

Pour la plupart, l’heure est à la gestion des objectifs financiers à court terme : rembourser un prêt étudiant, décrocher un logement, affronter les coups durs. Planifier la retraite paraît secondaire, mais intégrer une part, même minime, d’épargne longue durée peut changer la donne.

Quels leviers pour agir sans sacrifier le quotidien ?

Voici quelques pistes concrètes pour entamer une démarche d’épargne progressive :

  • Fractionner les versements : quelques dollars mensuels suffisent à enclencher la dynamique
  • Profiter des services financiers pensés pour les jeunes, souvent gratuits ou à faible coût
  • Renforcer sa littératie financière pour équilibrer besoins immédiats et projets de demain

Le rapport au budget évolue, influencé par l’instabilité et les mutations sociales. Certains choisissent de remettre la retraite à plus tard, mais chaque année d’attente complique le rattrapage. Mieux vaut s’outiller, même modestement, que de subir la pression du temps.

Homme regardant des affiches dans une vitrine d

Des solutions concrètes pour commencer à investir sans se ruiner

Il n’est pas nécessaire de disposer d’un capital conséquent pour poser la première pierre de sa retraite. Les millennials canadiens ont accès à des solutions simples et souvent méconnues pour démarrer, même avec un budget serré. Les applications mobiles et les plateformes de placement en ligne ouvrent l’investissement au plus grand nombre, rendant les services financiers plus transparents et accessibles. La technologie, ici, joue le rôle d’un véritable catalyseur pour s’initier à la gestion financière.

Commencer, c’est parfois aussi simple qu’un virement automatique de 20 dollars par mois. Des plateformes comme Wealthsimple ou Questrade permettent d’investir dans des fonds indiciels ou des FNB sans frais d’entrée, et sans expertise technique. Le plan financier se construit alors sur la durée, grâce à la régularité et à l’effet cumulatif des petits gestes.

Voici quelques stratégies à envisager pour bâtir une épargne retraite accessible :

  • Miser sur la littératie financière : des ressources en ligne gratuites, ateliers ou simulateurs existent pour progresser à son rythme
  • Bénéficier des avantages fiscaux du CELI et du REER, qui aident à optimiser chaque dollar investi
  • Comparer avec attention les offres des coopératives de crédit, souvent plus flexibles que les banques classiques

Plus la pédagogie et la simplicité sont au rendez-vous, plus la confiance s’installe. S’approprier ces outils, tester, prendre le temps d’apprendre : voilà ce qui permet de transformer le scepticisme ambiant en construction concrète de l’avenir. Les jeunes travailleurs canadiens, même avec des moyens modestes, peuvent jeter les bases de leur sécurité future, à condition de ne pas laisser les discours fatalistes décider à leur place.

Un dollar épargné aujourd’hui, c’est déjà une porte entrouverte sur un futur moins incertain. Qui sait jusqu’où ces petits pas mèneront la génération millennial canadienne ?

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