La confusion entre « toutes les deux » et « toute les deux » figure parmi les erreurs d’orthographe les plus recherchées en français. L’enjeu tient à un seul mot, « tout », dont l’accord dépend de sa fonction grammaticale dans la phrase. Cet article compare les deux graphies, identifie les cas où chacune s’applique et fournit des exemples concrets pour trancher à chaque fois.
Tableau comparatif : « toutes les deux » face à « toute les deux »
| Graphie | Fonction de « tout » | Accord | Exemple | Correct ? |
|---|---|---|---|---|
| Toutes les deux | Déterminant ou pronom indéfini | Féminin pluriel (accord avec le nom ou le pronom qu’il accompagne) | Elles sont venues toutes les deux. | Oui |
| Toute les deux | Aucune fonction grammaticale valide dans ce contexte | Féminin singulier devant un nom pluriel | *Toute les deux sont arrivées. | Non |
| Tous les deux | Déterminant ou pronom indéfini | Masculin pluriel (ou mixte) | Ils partent tous les deux demain. | Oui |
| Tous deux / toutes deux | Pronom indéfini (registre soutenu) | Accord en genre avec le sujet | Toutes deux ont signé le contrat. | Oui |
La ligne qui pose problème est la deuxième. « Toute » au singulier ne peut pas précéder « les deux », parce que « les deux » renvoie à un ensemble pluriel. L’accord au pluriel avec « toutes » est la seule forme correcte au féminin.
A lire également : Bokepindoh et protection des mineurs : ce que les parents doivent savoir

Pourquoi « toute les deux » est une faute de grammaire
Dans l’expression « toutes les deux », le mot « toutes » fonctionne comme un pronom ou un déterminant indéfini. Il s’accorde en genre et en nombre avec le groupe qu’il désigne. Quand ce groupe est féminin pluriel, l’accord impose « toutes ».
A lire aussi : Différence entre coutume et tradition : décodage précis en français
Écrire « toute les deux » revient à placer un singulier devant un complément pluriel. C’est la même erreur que d’écrire « *cette les filles » au lieu de « ces filles ». Le déterminant doit refléter le nombre du groupe nominal.
Le piège de l’adverbe « tout » devant un adjectif féminin
La confusion vient souvent d’un autre emploi de « tout » : son rôle d’adverbe. Devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, « tout » prend la marque du féminin (et parfois du pluriel) pour des raisons d’euphonie. On écrit alors « elle est toute contente » ou « elles sont toutes contentes ».
Cette règle d’accord de l’adverbe ne s’applique pas à « toutes les deux ». Dans cette expression, « toutes » n’est pas un adverbe modifiant un adjectif. « Toutes » est un pronom indéfini qui renvoie à deux personnes ou choses féminines.
Exemples concrets pour choisir la bonne orthographe en français
Voici des phrases types qui illustrent les cas les plus fréquents :
- « Mes deux sœurs habitent à Lyon. Elles travaillent toutes les deux dans l’enseignement. » Le pronom « elles » est féminin pluriel, donc « toutes » s’impose.
- « Marc et Julie sont partis tous les deux ce matin. » Le groupe est mixte (masculin + féminin), le masculin l’emporte : « tous les deux ».
- « Ces deux propositions se valent toutes les deux. » « Propositions » est féminin pluriel, l’accord suit.
- « Toutes deux ont refusé l’offre. » Registre écrit soutenu, sans article « les ». L’accord reste au féminin pluriel.
Dans chaque cas, la logique est identique : on identifie le genre et le nombre du groupe désigné, puis on accorde « tout » en conséquence.
Le cas de « tous deux » et « toutes deux » sans article
Les formes « tous deux » et « toutes deux » (sans « les ») sont correctes. Elles relèvent d’un registre plus littéraire et soutenu que « tous les deux » ou « toutes les deux ». Les relevés d’oral contemporain montrent une préférence massive pour la forme avec article à l’oral, tandis que « tous deux » ou « toutes deux » reste courant dans la presse, les décisions de justice et les textes administratifs.
En rédaction professionnelle, « toutes deux » apparaît fréquemment dans les rapports, les notices administratives et les chartes éditoriales. Le sens est strictement le même. Le choix entre les deux formes relève du registre de langue, pas de la grammaire.

Récapitulatif des règles d’accord de « tout » au féminin pluriel
Le mot « tout » se décline en quatre formes : tout, toute, tous, toutes. Pour l’expression qui nous occupe, seuls deux cas existent :
- Féminin pluriel → « toutes les deux » (ou « toutes deux » en registre soutenu). Utilisé quand les deux éléments désignés sont féminins.
- Masculin pluriel ou mixte → « tous les deux » (ou « tous deux »). Utilisé quand au moins un des deux éléments est masculin.
- La forme « toute les deux » n’existe dans aucun contexte grammatical valide en français. Elle constitue systématiquement une faute d’accord.
Astuce pour ne plus hésiter
Remplacez mentalement « les deux » par un nom féminin pluriel. Si vous diriez « toutes les filles », alors vous devez écrire « toutes les deux ». Si « toute les filles » vous choque à la lecture, c’est que « toute les deux » doit aussi vous alerter. Le mécanisme d’accord est le même.
La seule difficulté réelle de cette expression tient à la confusion avec l’adverbe « tout », qui suit des règles d’accord distinctes devant un adjectif. Devant « les deux », « tout » n’est jamais un adverbe : il fonctionne comme pronom ou déterminant et s’accorde normalement en genre et en nombre. Une fois cette distinction posée, l’hésitation entre « toutes les deux » et « toute les deux » disparaît.

